Souveraineté & Cloud français

OVHcloud, Scaleway, Scalingo

Un comparatif technique et opérationnel des trois acteurs français pour héberger une application métier : architecture, services managés, souveraineté, coût complet et effort d'exploitation. Pour choisir en connaissance de cause, et savoir quand ne pas choisir.

Octobre 2026

Les trois hyperscalers américains concentrent environ deux tiers du marché mondial des infrastructures cloud, tandis que les fournisseurs européens pèsent moins de 20 % de leur propre marché. Pourtant, pour une application métier classique — un back-end, une base de données relationnelle, un cache, du stockage objet et quelques workers — l'écart fonctionnel entre un hyperscaler et un acteur français s'est fortement réduit : OVHcloud, Scaleway et Scalingo couvrent aujourd'hui ces besoins avec des services managés, des API et des offres Kubernetes matures.

Le mouvement s'accélère pour des raisons réglementaires et économiques. La loi SREN (2024) puis le Data Act européen, applicable depuis septembre 2025, suppriment les frais de transfert lors d'un changement de fournisseur d'ici janvier 2027 ; dans le même temps, la refonte tarifaire de VMware après son rachat par Broadcom a relancé des programmes de re-platforming massifs et rouvert des arbitrages d'hébergement que l'on croyait figés pour une décennie.

La bonne nouvelle est que ces trois acteurs ne se concurrencent pas frontalement : OVHcloud joue la profondeur de catalogue et le coût au serveur, Scaleway l'expérience développeur et les services managés modernes, Scalingo le PaaS qui supprime presque entièrement l'exploitation. Ce document fournit la grille de lecture pour trancher — et nomme explicitement les cas où aucun des trois n'est le bon choix.

Pourquoi le cloud français maintenant

Choisir un hébergeur français pour une application métier n'est plus un geste militant : c'est un arbitrage technique et économique rendu possible par trois évolutions convergentes. Le cadre juridique s'est durci, la réversibilité s'est ouverte, et l'offre managée française a atteint un niveau de maturité crédible.

Reste à traduire ces constats en critères concrets : c'est l'objet des sections suivantes, qui comparent OVHcloud, Scaleway et Scalingo sur l'architecture, les services managés, la souveraineté, le coût complet et l'effort d'exploitation.

IaaS, cloud natif ou PaaS

Entre une instance nue et un simple « git push », il existe trois modèles d'exploitation distincts — et c'est ce choix, bien plus que le logo du fournisseur, qui détermine la charge qui retombera sur votre équipe.

Chiffrez l'exploitation avant le prix catalogue : si aucun ingénieur n'a le temps, les compétences et l'astreinte pour opérer un cluster et ses bases, un PaaS plus cher au mois reste moins cher en coût complet.

Comparatif des trois plateformes

Les trois acteurs se recouvrent partiellement sur le catalogue, mais chacun est optimisé pour un profil d'équipe différent — et c'est sur ce terrain que la comparaison est utile.

Comparer un conteneur Scalingo au tarif horaire d'une instance Scaleway ou OVHcloud de même RAM n'a aucun sens : le prix du PaaS inclut les sauvegardes, la supervision, le patching et le support, qu'il faudrait sinon construire et maintenir.

Données, réseau et réversibilité

C'est sur les données, le réseau privé et la capacité à repartir ailleurs que se jouent les vrais écarts entre les trois plateformes — bien plus que sur le CPU.

Coût réel et charge d'exploitation

Le coût d'un hébergement ne se lit pas sur une facture mensuelle : il se lit sur le temps d'ingénierie consommé chaque mois pour que cette facture reste utile.

Additionnez au devis mensuel le temps d'ingénierie, l'astreinte et les montées de version : c'est ce total, et lui seul, qui permet de comparer honnêtement un PaaS à une infrastructure managée.

Ce qu'il faut retenir

  • Avez-vous chiffré le coût complet sur trois ans (abonnement, stockage, sauvegardes, trafic sortant et jours-homme d'exploitation) plutôt que le seul prix catalogue mensuel ?
  • Savez-vous nommer, sans hésiter, la ou les personnes capables de restaurer votre base de données en production un vendredi soir ?
  • Avez-vous testé une restauration complète de sauvegarde depuis votre fournisseur actuel au cours des six derniers mois ?
  • Vos exigences de souveraineté sont-elles formalisées (localisation des données, qualification SecNumCloud, nationalité du fournisseur et de ses sous-traitants) et validées par la direction juridique ?
  • Votre application est-elle déployable sur un autre hébergeur à partir de son code et de sa documentation, sans intervention manuelle non tracée ?
  • Connaissez-vous précisément la charge réelle de votre application (utilisateurs simultanés, pics, volumétrie de données) sur les douze derniers mois ?

LE GUIDE À GARDER SOUS LA MAIN

OVHcloud, Scaleway, Scalingo

Retrouvez le guide complet pour approfondir le sujet et partager les bonnes pratiques avec votre équipe.

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